J'ai décidé de partager avec vous cette expérience incroyable et unique de partir vivre sur un atoll en Polynésie française dans le but de créer une ferme perlière.

Deux ans auparavant je travaillais encore à Paris dans le trading pétrolier. J'achetais et je vendais des carburants pour le 1er distributeur français. Je passais mon temps au téléphone et sur les marchés de la bourse de Londres et de Paris pour suivre la géopolitique internationale.

[Ma vie aux Tuamotu pour créer une ferme perlière] - Episode 1
Nous sommes en 2000. J'ai découvert la perliculture sur l'atoll de #Manihi aux Tuamotu du Nord-ouest. Puis je rencontre un homme sur Moorea. Nous tombons amoureux. Il a un projet de monter une ferme perlière face au motu qu'il possède sur l'atoll de #ahe, atoll voisin de Manihi. Il a également une concession maritime. Ok tout est donc possible. Il faut juste décider d'y aller. Sur le papier tout est extraordinaire car c'est une aventure passionnante. Dans la réalité c'est effectivement ainsi avec en plus la solitude, l'isolement, vivre avec très très peu de confort. L'envie est très forte de mon côté de vivre une aventure extrêmement différente par rapport à ce que j'ai vécu jusque là donc allons-y !
Tout d'abord nous nous mettons à l'abri du soleil et de la pluie
Vous voyez ici la 1ère construction :
Le hangar-maison : 6 poteaux, un toit en tôle. Une gouttière de chaque côté pour récupérer l'eau de pluie et un fût de 200 litres aux 4 coins pour stocker un peu d'eau. Nous n'avons aucune autre source pour récupérer l'eau pour boire et se laver.
Un 1/2 étage est construit pour y mettre un matelas et une moustiquaire. Voilà notre chambre ouverte sur le Monde.
En bas tout est là : le réchaud à gaz, la casserole, une poêle, des assiettes et des couverts, le matériel de construction et les 1ers éléments pour tirer des lignes de collectage et d'élevage dans la concession...
La douche se fait avec une petite casserole ou autre pot plongé dans un fût (chacun le sien). Nous sommes obligés de faire très attention à ne pas consommer beaucoup d'eau car il ne pleut pas beaucoup aux Tuamotu. Les nuages volent au dessus de l'atoll. Rien ne les arrête.
Je découvre ce nouvel environnement et je m'adapte à ce choix de nouvelle vie.
Deux ans plus tôt je vivais à Paris ...
Je me sens bien plus dans mon élément là aux Tuamotu même si nous sommes quasiment seuls au Monde.
Tout est à créer. Allons-y !
A suivre.
Nathalie
[Ma vie aux Tuamotu pour créer une ferme perlière] - Episode 2
Nous sommes toujours en 2000. Nous habitons sur un motu de l'atoll de #ahe depuis quelques temps et la vie quotidienne s'organise.
Nous vivons au rythme de la nature. N'ayant qu'une lampe tempête nous ne veillons pas tard car la nuit tombe vers 18h/18h30 donc nous dinons et hop au lit. Le travail commence aux aurores pour profiter d'un temps agréable où le soleil ne cogne pas trop fort.
Nous préparons ce dont nous avons besoin pour être sur le lagon aux alentours de 6H30.
Je reviendrai sur le travail effectif d'une ferme perlière.
Aujourd'hui je partage avec vous ces rares photos de la banalité de la vie quotidienne mais qui devient extraordinaire quand on débute une vie de Robinsonne ... Je dis rares car, vous allez peut-être rigoler, je suis arrivée aux Tuamotu avec mon équipement complet de femme active soit un appareil photo numérique et un ordinateur portable. Rien que de très banal n'est-ce pas ? Oui bien sûr mais sans électricité pour recharger ces merveilles de technologie ça ne sert à rien. Pire ça va vite se dégrader car l'humidité, l'environnement salin et la non-activité vont les faire capoter. Donc ces photos ont été prises dès le début quand mon appareil photo numérique avait de la batterie ! On ne va quand même pas démarrer le groupe électrogène pour recharger un appareil photo ou un ordinateur ! Non seulement le groupe fait un boucan d'enfer alors que nous vivons au paradis du silence mais en plus ça dépense l'énergie futilement.
Bref, vous découvrez donc sur ces photos mon coin cuisine avec 2 belles bassines pour faire la vaisselle: nettoyage à l'eau de mer et rinçage à l'eau de pluie. Vue dégagée sur le lagon et tronc de cocotier pour siège.
Mon four n'est autre qu'une boîte de SAO, soit une boîte de biscuits, assez grande. Elle a été percée de part en part pour passer 2 tiges de fer à béton pour tenir le plat. Le couvercle aussi a été percé et s'ouvre ou se ferme grâce à un clou tordu.
Le seul plat que j'ai est une plaque d'inox avec des bords soudés pour former un rectangle aux dimensions du four évidemment !
Pour espérer y cuire le pain (d'après une recette que j'ai mis quelques jours à mettre au point ne sachant pas les proportions nécessaires entre la farine, la levure et l'eau en arrivant alors que mon grand-père était boulanger !) je devais d'abord ramasser sur le motu tout ce qui pouvait brûler suffisamment longtemps. Tout cela me prenait un temps fou mais quelle satisfaction d'y arriver et de goûter à de bonnes tartines ! Chaque jour il fallait recommencer évidemment. Je dois vous avouer avoir tenu ainsi près de 3 mois puis j'ai craqué: je suis allée à Papeete entre autres pour acheter une gazinière ! Oui c'était alors mon luxe absolu ! Tu appuies sur un bouton et hop le gaz arrive. Heureusement car il n'y avait plus rien à brûler sur le motu.
La dernière photo est celle de ma baignoire. J'ai passé beaucoup de temps dans cette piscine naturelle au bord du motu surtout un peu plus tard lorsque j'étais enceinte.
A suivre ...
Nathalie
[Ma vie aux Tuamotu pour créer une ferme perlière] - Episode 3
Comment se passe une journée sur un motu quand on est quasiment seuls au monde et que nous travaillons sur ce projet de ferme perlière ?
Après avoir construit à terre le strict minimum pour vivre, tout tourne autour de la construction de la ferme.
Nous en parlons tout le temps. Nous réfléchissons à l'emplacement des stations de collectage et d'élevage dans le lagon et dans la concession maritime.
Pour votre information, une station est un long bout de 200 m que nous aurons accroché à chaque extrémité avec plusieurs corps-morts. C'est simple dit comme cela;
Soit vous achetez la station déjà toute prête c'est-à-dire avec un collecteur ou un bout avec 10 nœuds, selon que c'est une station de collectage ou d'élevage, tous les 50 cm, soit vous la fabriquez vous-même.
Nous ferons les 2. Au début elles seront achetées toutes prêtes pour accélérer le démarrage puis nous en fabriquerons par la suite.
Nous devons bien sûr construire des corps-morts : nous utilisons un fût d'essence découpé en rondelles pour gabarit et coulons du béton à l'intérieur. Ne pas oublier le fer à béton en U inversé pour y accrocher les bouts.
Ils seront ainsi roulés sur la plage (c'est pour cela qu'ils sont faits ronds, malin non ?), là où ils sont construits, jusqu'au bateau puis sont tractés jusqu'à l'emplacement choisi pour installer la station. Nous les descendons tranquillement jusqu'au fond du lagon soit vers 30/40 m selon les endroits. Là, il est nécessaire évidemment d'avoir une bouteille de plongée pour rester suffisamment longtemps pour nouer tout cela correctement.
Sur la photo vous voyez un gros tas de bouées roses (malheureusement en plastique comme tout le reste d'ailleurs) et des stations de collectage. Car une fois les stations installées il faut y mettre des bouées à espaces réguliers pour maintenir le bout le plus à l'horizontal possible. Au fur et à mesure que les larves d'huîtres viendront se coller aux collecteurs nous ajouterons des bouées pour éviter qu'ils 'plongent'. Selon les fermes et les stations (collectage ou élevage), l'immersion se fait entre 5 et 10 mètres. Cela permettra de plonger en apnée pour travailler au quotidien...
Sur une autre photo, vous voyez ma première chienne. Je vous présente Mona qui était notre chienne adoptée à Tahiti avant de partir aux Tuamotu. Puis, quelques temps après notre arrivée quelqu'un nous a laissé un chiot, noir également, à l'arrière du motu côté océan. Nous l'avons adopté de suite évidemment. Nos 2 chiennes s'entendaient à merveille. La 'paumotu' était une chasseuse incroyable. Je regrette tellement de ne pas avoir eu la possibilité de la filmer ! Elle pêchait des poissons pour sa copine Mona et pour elle. Elle était à l'arrêt, les pattes dans le lagon, sur le platier donc côté océan où il y avait 20-30 cm d'eau. Dès qu'un poisson passait elle l'attrapait avec une dextérité invraisemblable et le jetait sur la plage pour Mona qui la regardait tranquillement !
C'était un vrai pur moment de plaisir pour moi que de m'assoir et de la regarder.
J'étais tellement heureuse d'avoir ces 2 chiennes à mes côtés. Surtout un fameux week-end où je suis restée seule sur le motu durant 4 jours car mon compagnon avait dû partir chez le dentiste à Papeete. Franchement je n'ai pas beaucoup dormi la nuit pendant ce temps là tellement n'importe quel bruit me semblait flippant ! Je dormais le jour avec mes 2 cocottes toujours près de moi.
A suivre ...

[Ma vie aux Tuamotu pour créer une ferme perlière] - Episode 4

Après avoir construit le 'hangar-maison' et après avoir construit les lignes de collectage et d'élevage des huîtres dans le lagon, nous voilà sur un nouveau chantier.

Finir une maison 'en dur'. Elle mesure 5 m sur 5 m donc 25m2 et est surélevée d'environ 80 cm. C'est important parce que nous ne sommes pas à l'abri de subir une tempête tropicale voir un cyclone. Et là, non seulement les vents sont extrêmement forts mais la houle de l'océan déferle sur l'arrière du motu et dans les hoas (passes peu profondes situés entre chaque motu).

Conséquence directe : le niveau du lagon augmente drastiquement et les vagues naissent évidemment. Et quand on habite sur un îlot dont le point culminant est à 1 mètre on se trouve assez dépourvu, c'est le moins qu'on puisse dire !

Vous l'avez compris nous avons vécu une tempête tropicale : nous n'avions aucun contact avec l'extérieur donc nous ne savions pas combien de temps cela allait durer et quelle serait l'intensité de cette tempête. En tant que bretonne qui a grandi sur une falaise exposée aux vents de Sud-Ouest qui amènent les pires dépressions je pensais être aguerrie. Sauf, que là, contrairement aux maisons bretonnes, nous n'étions pas complètement équipés pour faire face à quelque chose de très gros. Le niveau du lagon monte tellement que l'eau envahit la 'terre'. Il faut tout mettre à l'abri.

Un énorme 'bout' (corde) entourait la maison en dur et y étaient accrochées les bouées en stock à terre et tout ce qui aurait pu flotter au cas où ... le reste était mis à l'abri dans la maison où on pouvait plus bouger ! J'avais préparé 4 ou 5 énormes pains pour subvenir à nos besoins primaires ...

Les cocotiers plient sous la force du vent, tout vole et il ne reste plus qu'à espérer que ça ne sera pas la fin ... ça aura duré quelques jours, je ne sais plus exactement combien. Puis le calme est revenu. Ouf ! Le soleil a séché tout ce qui était trempé soit à peu près tout ce que nous avions. Le lagon a retrouvé son niveau normal et son calme et nous avons pu respirer normalement.

C'est aussi en vivant ce genre d'expérience que nous pouvons savoir comment nous réagissons en cas de crise. Honnêtement j'ai eu très peur quand j'ai vu le niveau de la mer monter et envahir tout le motu. Mais comme nous étions 'seuls au monde' il faut mettre cette peur en sommeil pour trouver des solutions rapidement et envisager le pire scenario pour être prêt si jamais ...

Quand tout est revenu à la normale j'ai pu aller me reposer dans notre hamac installé sous un aito.

Puis nous pouvions de nouveau prendre le bateau, aller au village, parler, échanger et apprendre encore un peu plus de la vie aux Tuamotu.

A suivre ...

ferme perlière de Manihi

[Ma vie aux Tuamotu - Atoll de Manihi] Épisode 5
Les questions qu'on me pose souvent sont les suivantes : 'comment est-ce que tu t'es retrouvée aux Tuamotu et comment as-tu fait pour découvrir le travail des fermes perlières ?'
C'est simple !
Lorsque je suis arrivée en Polynésie, seule, sans travail et sans connaître grand monde (soit 2 personnes !) j'ai ouvert mes yeux et mes oreilles pour voir, regarder et écouter. Je suis allée visiter Moorea pendant un week-end et j’ai su de suite que c’est là que je voulais prendre mon année sabbatique.
J'ai loué une maison au bord du lagon, à Haapiti exactement, pour en profiter pleinement. Cela a duré 3 mois. Quel bonheur ! Ne rien faire mais bien le faire !
Puis, de fil en aiguille, je me suis retrouvée à travailler en ville. 'En ville' cela veut dire à Papeete. D'abord, chez Tahiti Tours, où j'ai appris la géographie de la Polynésie pour assister les touristes et où j'ai rencontré une équipe hyper sympa. Je prenais le ferry pour aller travailler et mon ‘métro, boulot, dodo’ s’était transformé en ‘bateau, boulot, dodo’ avec de très belles rencontres et rigolades lors des traversées quotidiennes.
Puis, je suis allée travailler pour un négociant en métaux précieux. Le négoce étant mon premier métier j'étais presque comme un poisson dans l'eau. J'ai surtout rencontré des perlicultrices qui achetaient de l'or et de l'argent pour monter les perles qu'elles récoltaient dans leur ferme. J'ai donc découvert qu'il y avait plein de fermes perlières et qu'elles étaient très largement situées dans les lagons des atolls des Tuamotu.
Alors après quelques mois de travail, j'ai démissionné car l'envie d'aller voir tout cela de près me titillait vraiment !
En outre, j'étais quand même allée en Polynésie pour faire de la plongée bouteille alors il me fallait découvrir les passes des atolls si réputées pour des plongées incroyables avec les requins et les dauphins. J'ai donc découvert Tikehau puis Rangiroa. C'est là que vraiment je me suis sentie à ma place. Sur ces bouts de 'terre' faits de sable et de coraux où les habitants sont tellement connectés à la Nature.
Puis après ce 1er voyage, une amie rencontrée à Papeete chez le négociant en métaux, me demande d'aller remplacer la responsable de la boutique de perles dans l'hôtel du Manihi Pearl Beach. Elle part en vacances 15 jours et personne ne veut aller la remplacer car il n'y a rien aux Tuamotu ... D'abord, je refuse car je veux continuer à voyager et à plonger. Puis, comme elle insiste n'ayant pas d'autres possibilités, nous tombons d’accord : je peux plonger le matin dans le club de l'hôtel et je travaille de 14h à 22h. Bon deal non ? Me voilà donc à l'hôtel où je ne connais bien évidemment personne. 1ère surprise : le directeur me dit qu'il n'y a plus de bungalow de disponible pour les travailleurs donc il m'a réservé une chambre client !!! 2 semaines face au lagon dans une chambre sublime avec un hamac juste devant au cas où je serai fatiguée ... Puis je rencontre Wendy que je dois remplacer. Elle est adorable mais speed car elle part le lendemain. Et là, 2ème surprise, elle m'annonce que je dois faire visiter leur ferme perlière à 8 américains. 'Ah ok très bien mais qu'est-ce qu'une ferme perlière ?' Je prends donc un papier, un crayon et j'écoute Wendy me faire un cours de 2h, bien sûr en anglais car déjà que je n'y connais rien en français autant apprendre tout de suite en anglais pour la visite du lendemain. Le soir, j'apprends mes notes par coeur.
Le lendemain matin, je retrouve mes clients et nous voilà partis vers la ferme perlière qui se situe de l'autre côté de l'atoll. A l'arrivée, je dois faire semblant évidemment de connaître Henri (sur la photo), le chef de ferme, et tous les employés. Je suis légèrement tétanisée à l'idée de présenter un métier que j'ai découvert la veille mais Henri aura une phrase qui restera gravée dans ma mémoire : 'ne t'inquiètes pas ! Ils ne savent pas que tu ne sais pas !' Mais oui il a tellement raison : alors j'y vais, je répète mon cours et Henri leur montre les huîtres sur les chapelets puis entrouvertes et il en greffe plusieurs afin de leur faire de beaux souvenirs ! Je ne devais pas être complètement épatée par ce qu'il faisait car j'étais sensée connaître tout cela comme ma poche. Je suis tombée en amour (comme disent les Québécois) pour ce métier ce jour-là !
Le lendemain, 3ème surprise, Philippe, qui deviendra un ami dont je vais vous reparler très bientôt, que je ne connaissais pas du tout, est venu me voir à la boutique. Des amis communs l'avaient prévenu que je travaillais à l'hôtel 2 semaines. Il m'a demandé ce que j'avais de prévu le week-end suivant ... ben rien puisque je viens d'arriver et que je ne connais personne. Alors il m'invita à aller chez Thierry qui avait une ferme perlière au secteur c'est-à-dire à l'autre bout de l'atoll. Évidemment j'y suis allée ! Je fus tellement enthousiaste de découvrir ce métier que j'ai demandé à Thierry de pouvoir revenir pendant un mois, après mon travail à l’hôtel, pour en apprendre plus. En échange, je fais un gros plein de courses de nourriture à Papeete et je reviens les bras chargés de produits frais, de légumes et de fruits ! Il a dit oui et ce fût une expérience inoubliable… Le week-end qui suivait mon retour sur Moorea, je rencontre cet homme qui me propose d’aller créer une ferme perlière avec lui sur l’atoll de Ahe qui est l’atoll voisin de Manihi …
Le hasard existe-t-il ? En tout cas, j’y suis allée et vous avez commencé à découvrir la vie là-bas 
A suivre …
Nathalie
[Ma vie aux Tuamotu pour créer une ferme perlière] - Épisode 6
En cette période de la Nativité j’ai envie de vous raconter l’épisode de ma grossesse sur le motu. En février 2001, je sens qu’il se passe quelque chose. J’ai une forme olympique et une énergie débordante. Je vais au village voir Jérôme, l’infirmier, lui demander s’il a un test de grossesse. Il n’avait pas grand-chose faute de réfrigérateur pour conserver notamment les vaccins mais ça c’était en stock. Et le résultat est positif. Je suis enceinte. Enceinte sur un motu au milieu du Pacifique avec juste mon amoureux. Je suis tellement heureuse.
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la cabine téléphonique, enjeu des élections municipales de 2001, a été installée au village ! Je vous raconterai cela une prochaine fois. Cette cabine me permet de prévenir mes parents de cette merveilleuse nouvelle. Ils n’étaient pas aussi zens que moi car ils pensaient qu’évidemment j’allais retourner tout de suite sur Tahiti. Ah non ! Je suis hyper bien aux Tuamotu. Je suis éloignée de tout donc les virus ne pouvaient pas m’atteindre (aujourd’hui ça résonne différemment à nos oreilles !). Je pensais à la dengue bien sûr. J’étais très optimiste car je l’ai finalement attrapée. Elle m’a clouée au lit durant des jours avec un mal de tête invraisemblable et rien pour le calmer car il y avait une épidémie sur l’atoll ! Il n’y avait pas assez de doliprane pour tout le monde …
Bref, je suis enceinte et aux Tuamotu : 2 raisons suffisantes pour être ‘prise en charge comme une fille des Îles’ qui ne connaît pas bien Papeete où je dois me rendre pour faire les échographies. Les billets d’avion sont pris en charge par la CPS (Caisse de Prévoyance Sociale) comme pour les ‘évasans’ ou ’évacuations sanitaires’. Tout est donc organisé au village (comme au Club Med !) : billets d’avion + rdv à la ‘maison des Tuamotu’ à Papeete + rdv chez le gynéco de Cardella Dr Gelberg. Pourquoi à la clinique ? Pourquoi avec ce taote (médecin) ? Mystère : je ne discute pas, je suis le parcours. Je suis sur un nuage !
Pour la 1ère échographie je prends l’avion pour me rendre en ville donc à Papeete. J’arrive à Faa’a, à l’aéroport, en chaussure plastique telle une paumotu. Au départ de Ahe, il n’y avait pas de quai à l’aéroport donc je devais sauter du bateau dans 30 cm d’eau au bord du motu où la piste avait été construite par les légionnaires. Comme je vivais avec ces ‘tia plastiques’ depuis des mois je n’avais même plus pensé qu’en ville je pouvais porter d’autres chaussures … ça faisait rigoler mes amies de me voir ainsi ! Je fais donc le parcours tel que décrit et tout se passe à merveille. J’en profite pour aller faire le plein de courses chez Carrefour. Et là c’est dingue : je suis émerveillée et déboussolée devant tant de nourriture ! J’y reviendrai. J’achète plein de choses, je prépare des cartons et une glacière de frais que je mets sur le Dory, au départ de Papeete, la goélette qui livre Ahe le mercredi. J’ai besoin de me nourrir d’autres choses que du poisson et du riz pendant les prochains mois !!! Heureusement je n’ai jamais eu des envies de fraises mais franchement je n’en pouvais plus du poisson. D’autant que rien que l’odeur me donnait la nausée !
Sur une photo, vous voyez que les choses évoluent au fil des mois de grossesse : les bassines de nettoyage sont passées du sol, comme au tout début, à un peu de hauteur. Mon chéri avait accroché une palette en bois à un tronc de cocotier et tout était posé là. Au fur et à mesure des mois et de la taille grossissante de mon ventre il découpait un arrondi de plus en plus grand ! C’est beau de savoir adapter son mobilier non ? 
Pour la 2nde échographie, je décide de corser un peu le voyage … J’ai envie de rentrer à Papeete mais cette fois à bord du Dory (photo), la goélette de marchandises. J’ai le temps et j’ai envie de découvrir l’Océan Pacifique à bord d’un bateau comme faisaient les voyageurs d’avant. Prendre le temps de regarder la mer, de regarder l’équipage s’affairer, de regarder la valse des déchargements sur chaque atoll, de regarder les pêcheurs remplir les glacières de poissons fraîchement attrapés dans les parcs pour être vendus au marché de Papeete (atoll de Arutua), discuter avec les quelques rares passagers, avec les gens rencontrés aux escales de Manihi, Arutua et Kaukura. Je suis un peu E.T sur ce bateau car une popa’a seule et enceinte ce n’est pas très commun. J’ai été tellement chouchoutée par l’équipage ! ça ne m’a pas empêché d’avoir le mal de mer mais ils étaient vraiment aux petits soins avec moi durant les 3 jours de voyage. J’ai souvenir de n’avoir strictement rien fait pendant ce voyage ce qui ne m’arrive jamais. C’était bien exceptionnel de se laisser aller au rythme des vagues et des escales.
A la 2nde écho j’apprends que je vais avoir une petite fille et qu’elle est en pleine forme ! Oh joie !
Je finis donc mon temps de grossesse sur le motu à faire des chapelets c’est-à-dire des bouts qui serviront à suspendre les huîtres perlières. Sur chaque bout de 4 m je dois faire 10 nœuds. Pour qu’ils soient réguliers mon chéri avait planté 10 clous sur une planche et je faisais un nœud sur chaque clou.
Je prenais soin de moi en étant dans l'eau quasiment toute la journée ou dans le hamac. Je n’allais plus sur le bateau remonter les huîtres par centaines de kilos chaque jour pour le nettoyage ou autre préparation à la greffe.
A 7 mois je dois rentrer à Tahiti car la compagnie aérienne, Air Tahiti, comme toutes les autres compagnies ne veut plus transporter de femme enceinte après le 7ème mois. Je vais attendre l’heureux évènement loin du motu mais chez des amies. Il sera programmé afin que le papa soit bien là le jour J. Le taote me dit que c’est ce qui se fait beaucoup chez les femmes de marins … OK encore une fois je ne discute pas. Je suis tellement heureuse de vivre cette grossesse entre le lagon de l’atoll, le motu avec nos 2 chiennes qui sentent bien le changement et mon chéri qui semble vraiment très ému de voir mon ventre s’arrondir. Kahaia naitra en septembre 2001 et nous repartirons toutes les 2 vers l’atoll de Ahe un mois plus tard. Les médecins, gynéco et pédiatre, doivent être sûrs que la maman et le bébé vont bien avant de les laisser repartir si loin dans le mois qui suit la naissance.
A suivre …
Nathalie 
Atoll de Ahe Tuamotu

[Ma vie aux Tuamotu pour créer une ferme perlière] - Episode 7

Je reprends les épisodes après quelques temps pour l’inventaire et autre comptabilité pour bien clôturer 2020.

Lors du dernier post j’ai évoqué les communications dont nous disposions sur l’atoll. Lorsque nous sommes arrivés pour nous installer en 2000 j’ai découvert que les deux moyens de communiquer avec l’extérieur étaient la radio VHF ‘radio Mahina’ et le courrier postal.

Ok alors je suis contente car je ne connais pas et je ne m’inquiète pas plus que cela.

Les jours passent et nous sommes coupés de toutes communications sur le motu et franchement c’est délicieux ! Je ne pensais pas aimer autant l’isolement. Je vous rappelle que 2 ans avant je travaillais encore à Paris avec le combiné du téléphone quasiment greffé à mes oreilles car j’achetais et je vendais des carburants pour le 1er distributeur français. Je passais donc ma vie à négocier par téléphone. Et là, plus rien. Plus de sonnerie. Plus de messages. Plus rien. Au début c’est bizarre comme s’il manquait un élément essentiel de la vie. Puis ça devient peu à peu normal.

Au bout de quelques temps, quand l’exploitation de la ferme prend forme il nous faut quand même communiquer avec Tahiti et la famille de mon compagnon pour organiser l’arrivée d’une station de collectage d’huîtres venant d’un atoll voisin. Nous allions les mettre en élevage et les préparer pour les greffer.

Et c’est là que je découvre ‘en vrai’ les appels par radio Mahina. Les ondes radiophoniques de la VHF couvre toute la Polynésie ! C’est-à-dire, pour vous donner une meilleure idée, c’est la surface de l’Europe ! Il s’agit de la radio VHF bateaux donc de la radio utilisée par tous ceux qui sont en mer et par les habitants qui ne sont pas reliés par des lignes téléphoniques.

Comment est-ce que ça se passait sur Ahe ? Il fallait d’abord se rendre au village. Vous le voyiez sur l’image satellite ci-dessus. C’est le gros motu à gauche. Nous habitions sur le plus petit motu à droite. Donc nous pouvions nous y rendre soit en bateau en arrivant au quai du village soit à pieds par le platier. Le platier est un plateau de corail quasiment plat où je pouvais marcher en ayant de l’eau jusqu’aux genoux. Donc très accessible avec des chaussures en plastiques évidemment pour ne pas se couper les pieds. J’avais 20 mn de marche environ pour rejoindre l’arrière du motu du village.

Au village, la station radio était gérée par Clément dans une pièce attenante à l’infirmerie de Jérôme et à la mairie. Concrètement nous arrivions très tôt – 6h du matin - pour prendre notre tour dans la file d’attente des appels. Nous donnions le numéro de téléphone de notre correspondant et il nous fallait attendre qu’un créneau se dégage sur Ahe pour que Clément puisse composer le numéro et nous mettre en contact. Ça parait simple et ça l’est bien sûr. Il arrivait quand même très souvent qu’après avoir attendu quelques heures nous tombions sur la messagerie de notre interlocuteur ! Ah carabistouille ! Bon il fallait donc donner un RDV téléphonique pour le lendemain matin mais sans pouvoir préciser l’heure évidemment car nous ne pouvions la connaître à l’avance.

Ça m’a appris à prendre mon temps ! Comme dit un proverbe africain ‘vous avez les montres et nous avons le temps’. Durant toute cette aventure j’ai eu le temps et plus de montre … C’est délicieux !

Il y avait 3 chaises en plastiques devant le local de Clément et ça formait un vrai chouette salon de discussion sur la terrasse. C’était un ‘réseau social’ très sympa ! J’ai appris plein de choses en attendant là des heures. C’est là, notamment, que j’ai découvert que les émissions de télés en France devenaient très bizarres … Oui ceux qui avaient assez de panneaux solaires pouvaient regarder la télé. Donc les copines me demandaient si j’avais déjà vu des gens enfermés dans une grande maison avec piscine et des caméras partout 24h sur 24 pour les filmer. ‘Quoi ? Qu’est-ce que vous me racontez ?’ ‘Mais si ! Il y a une fille qui s’appelle Loana …’ OK j’ai donc entendu parler du ‘Loft’ pour la première fois en attendant de pouvoir téléphoner sur la terrasse de Clément ! Qu’est-ce qu’on a rigolé car vu des Tuamotu c’était complètement dingue …

Puis début 2001, la campagne des municipales a commencé. Un des enjeux était l’installation d’une cabine téléphonique au village et une autre sur le motu de l’aéroport, à l’exact opposé de l’atoll.

C’est vrai que franchement ça devait simplifier la vie des habitants et des travailleurs. Ces derniers ne pouvaient pas joindre qui que ce soit car ils n’étaient libres que le week-end. En outre, élément non négligeable, ça allait rendre les conversations beaucoup plus discrètes car sur la VHF de Radio Mahina tous ceux qui étaient connectés entendaient la conversation ! A toi, à moi, ne pas oublier d’appuyer sur le bouton pour parler … Tout le monde savait donc à qui la station de collectage avait été achetée, quand elle était livrée et patati et patata à chaque conversation !

La cabine téléphonique a finalement été installée en mars 2001. Alléluia ! Elle a été implantée dans un endroit très ensoleillé car elle fonctionnait avec des batteries qui étaient alimentées par des panneaux solaires. Elle était située au carrefour de tous les passages pour être bien visible de toutes et tous. Elle était donc devant la mairie qui servait aussi de salle de classe pour les enfants.

Je ris encore en y repensant car, quand vous aviez eu la chance de pouvoir acheter une carte de téléphone disponible au magasin chez Arii (ou plusieurs si vous vouliez appeler en France !), vous deviez là aussi attendre parfois (moins longtemps tout de même). Et surtout l’entourage, notamment ceux qui étaient en classe à côté, se régalait d’écouter les conversations parce que la porte était forcément ouverte si vous vouliez respirer et ne pas mourir de chaud !!! Bref, téléphoner relevait de l’aventure à cette époque. Il fallait du soleil pour alimenter les batteries mais c’était un sauna à l’intérieur de la cabine toute vitrée donc les conversations ne duraient jamais longtemps !

Souvent le dimanche elle ne fonctionnait plus car les batteries étaient à plat. Bon ce n’était pas grave il suffisait de revenir un autre jour …

Quant au courrier, cela fonctionnait plutôt bien. Ça prenait son temps évidemment mais ce n’était pas grave. Chez Clément, il y avait une bannette pour le courrier du village et une autre pour les motu. J’adorais donner mon adresse : Nathalie LG atoll de Ahe Tuamotu Polynésie française.

En avril 2001, j’ai eu envie d’écrire à mon grand-père qui était à Brest. Je n’avais plus de timbre à coller sur l’enveloppe. Clément n’en n’avait plus non plus. Aïe. Alors il m’a conseillé de mettre 100 francs pacifiques dans une autre enveloppe en espérant qu’à La Poste de Manihi, l’atoll voisin, ils acceptent de mettre ce fameux timbre sur l’enveloppe. C’était très important pour moi. Ils l’ont fait car la lettre est bien arrivée quelques semaines plus tard ! ouf !

C’est une expérience fabuleuse car, même si aujourd’hui j’ai replongé dans le monde des médias et des connections immédiates et permanentes je repense souvent à cette expérience pour essayer de garder un certain recul.

A suivre…

Nathalie

Ma Vie aux Tuamotu pour monter une ferme perlière sur l'atoll de Ahe

[Ma vie aux Tuamotu pour créer une ferme perlière] - Épisode 8

Même lorsque nous décidons d’aller vivre aux Tuamotu, la nourriture reste un bien précieux. Comment et de quoi nous nourrissions-nous sur notre joli motu ? Quelles sont les sources d’approvisionnement possibles ? Le lagon est évidemment notre vivier à poissons, au village il y avait deux magasins et le Dory, la goélette, livrait les colis envoyés de Tahiti. C’est essentiellement ainsi que nous avions de la nourriture. Au tout départ, lorsque nous avions uniquement un réchaud à gaz et une casserole les menus n’étaient pas très variés. Nous cuisions du riz car nous recevions un sac de riz de 20 kg par mois à peu près. Juste un détail : il nous fallait mettre ce gros sac dans un fût en plastique vide qui avait un couvercle vissable et dévissable car nous n’étions pas vraiment seuls à habiter ce motu. Le riz était la base de notre nourriture et ensuite nous essayions de diversifier … Pas facile ! Assez naturellement quand on pense aux Tuamotu on imagine manger du poisson. Je n’ai pas été déçue : nous en mangions matin, midi et soir. Avec du riz bien entendu. Sur la photo il s’agit d’un joli poisson cru au lait de coco. Nous avions le poisson, les citrons que nous recevions par sac de 30 kilos et le lait de coco que nous pressions nous même bien sûr. Je préférais le poisson cru en sashimi mais pas toujours facile selon les poissons pêchés …

Quant aux légumes, genre tomates, carottes, oignons j’en ai beaucoup rêvé pendant 2 ans : soit nous n’en avions pas du tout soit rarement soit un peu car nous avons créé un mini ‘fa’apu’ au bout de quelques mois. Qu’est-ce donc que ce truc ? C’est un mini potager.

Il s’agit de découper un fût de gasoil en 2. Evidemment il vaut mieux laisser les résidus de gasoil s’évaporer d’abord. Ensuite, il a fallu aller plusieurs fois sur un motu au fond de l’atoll pour récupérer un peu de terre car là où nous habitions le motu était tellement bas et petit qu’il n’y avait vraiment pas beaucoup de végétation : donc pas d’arbres, donc pas de feuilles qui tombent donc pas de humus donc pas de terre !

Pourquoi faire cela dans un fût ? Parce qu’encore une fois nous ne sommes pas seuls sur le motu et qu’il s’agit de protéger les graines que nous avions plantées avec un peu de hauteur. Je pensais que cela suffirait. J’étais tellement heureuse de voir pousser les plants de tomates et les concombres. Quelle joie de voir une première tomate grossir et rougir … Je n’ai pas pu en profiter. Nos compagnons de motu la regardaient sûrement avec envie aussi … Ils l’ont mangé et toutes les autres. J’ai dû aller à Papeete acheter du grillage pour protéger nos plantations sinon les rats ne nous laissaient rien ! Ah oui ils font partie de la vie des Tuamotu …

Pour les fruits, heureusement nous recevions des oranges et des pamplemousses. J’aurais aimé manger des papayes, des mangues ou autres pommes car l’acidité des agrumes ne me convenait plus quand j’étais enceinte. Parfois j’arrivais à troquer des agrumes contre d’autres fruits sur le quai du village le jour où le Dory, la goélette, nous livrait. Ou contre des œufs ! Un vrai miracle ! Quand nous n’avions pas le temps de pêcher il fallait se tourner vers un plan B. La première fois que mon compagnon a cuisiné du punu puatoro je ne savais pas de quoi il parlait. Parce que ‘punu puatoro’ me semblait être un joli nom je ne me suis pas du tout méfiée. Avant de manger et de bien manger je ne savais pas que c’était du corned beef. Oui je sais que vous allez dire ‘hummm c’est bon avec du uru, des oignons grillés, des petits pois parfois et/ou du lait de coco’. Toujours est-il que, très sensible aux odeurs, je ne supporte pas bien celle de la viande en boîte qui cuit. Il faut bien avoir des limites … Sur le motu et avec un réchaud c’était pratique car la boîte de conserve était ouverte et directement mise sur le feu du réchaud. Mais il n’y avait pas d’oignons ni de uru évidemment. Ah oui c’était sommaire mais ça vous le saviez déjà !

Je préparais donc du pain comme sur la photo avec 500 gr de farine, de la levure et de l’eau du lagon donc pas besoin d’ajouter du sel. Nous agrémentions cela avec du beurre de cacahouètes et de la confiture de fraise pour notre gouter après avoir travaillé dur sur les lignes d’élevage des huîtres. C’était notre petit moment sucré ! Pas tous les jours bien sûr. Avec cela j’ai découvert le sirop rouge. Je ne crois pas qu’il faille savoir sa composition tellement c’était chimique. Mais je vous avoue avoir craqué car avec de l’eau de pluie et un filet de citron c’était un cocktail divin !!! On apprend à apprécier tout ce que l’on a aux Tuamotu.

Le poisson restait la nourriture principale. Nous en avons mangé beaucoup et … avons ingéré la ciguatera. C’est un poison qui se trouve sur les coraux. Les poissons grignotent le corail et nous grignotons les poissons. Quel est l’impact sur notre corps ? ça gratte au niveau des articulations : coudes et genoux et ça donne des migraines à se taper la tête contre le premier cocotier venu ! C’est vraiment désagréable. La toxine reste dans le corps ad vitam eternam. Il suffit de manger à nouveau un poisson ‘gratteux’ pour avoir une nouvelle crise. Il faut donc bien faire attention aux poissons que l’on mange aux Tuamotu. Parfois, quand nous allions téléphoner au village, nous achetions une bouteille de Coca Cola au magasin. C'était la fête ! Son prix devait avoisiner les 800 francs pacifiques (près de 7 euros). On s'en fichait tellement c'était chouette de boire autre chose que de l'eau. Ou, avant que je sois enceinte, une Hinano ou une Heineken afin de faire une folie !!! A part cela, nous n’avions pas vraiment d’extra les premiers mois. Alors quand je devais aller à Tahiti faire les échographies je me régalais d’avance en imaginant ma liste de courses à mettre en colis au Carrefour Punaauia. Puis je mettais les colis et la glacière sur le quai du Dory à Papette pour la livraison de la semaine suivante. C’était le luxe et l’opulence quand nous recevions ces fameux colis ! Quelle fête ! Comme quoi quelques fruits, des légumes, de la vraie viande, des tablettes de chocolat et une bonne confiture suffisaient à mon bonheur évidemment avec les bonnes tranches de pain pétri à la main et cuit au four de la gazinière.

A suivre …

Nathalie


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